Month: October 2015

Putsch trans-féministe pas gentil

Je propose un putsch trans-féministe pas gentil. Pas comme le transféminisme un peu mollasson qu’on voit dans cet article . D’abord je vous raconte pourquoi, ensuite on cause de comment. Pourquoi, parce qu’il y en a marre de se faire instrumentaliser à tour de bras par des meufs cis qui et blablabli vs-y que je décrète que c’est transphobe de dire ceci parce que je ne suis pas d’accord avec, et blablabla vous avez pensé à ces Pauvres Et Courageuses Femmes Trans, et oin oin le TDOR, mais pour nous soutenir réellement et concrètement quand on est vivantes, là plus personne. Surtout quand on remet en question la doxa de la prétendue “inclusivité” en vigueur. On est tou-te-s les bienvenues, mais il y en a qui le sont plus que d’autres. En bref, on en a marre d’être acceptées sous conditions. On en a marre de votre transmisogynie à peine masquée et de votre essentialisme qui suinte de partout dès que vous essayez d’aligner 3 mots. On en a marre, alors on va faire un putsch.

Ca commence comme ça : avec quelques femmes trans, on lève une armée. J’en vois des qui disent déjà “Ca y est, la meuf elle déconne à plein tubes”. Non je veux dire, le pape nous compare à des bombes atomiques, LMPT nous donne le pouvoir de détruire la civilisation, Janice Raymond (poutoux ma vieille tmtc 😉 ) nous attribuait tout un empire. On a bien les moyens de lever une petite armée, avec notre trésor. Il est caché quelque part dans l’un des bunkers secrets que ne connaissent que les Vraies Transsexuelles, celles qui tout en haut de la hiérarchie décident de qui est un-e Vrai-e Trans ou pas. Oui parce que tant qu’on y est, le milieu trans c’est aussi un matriarcat, les vieilles femmes moches pleines de fric tout en haut de la hiérarchie et les petits mecs choupis qui galèrent tout en bas. C’est à cause de l’assignation à la naissance, ça, hé oui c’est ça qui donne du pouvoir. Et puis, voletant tout autour de la pyramide hiérarchique comme de gracieux papillons, les petits angelots de la non-binarité chantent la Bonne Nouvelle en s’accompagnant à l’ukulele : “La Binarité est finie ! L’Oppression n’est plus !” Y’en a des, c’est pas le sens des réalités qui les étouffe.

Donc, on a une armée. Avec, on prend le contrôle des milieux féministes. Parce que la société, c’est cool mais faut pas avoir la folie des grandeurs, comme disait feue ma grand-mère, qui ne savait pas épeler le mot féministe mais avait toujours les deux pieds sur terre.

D’abord, on commence par virer les mecs. TOUS les mecs. Y’a sans doute plein d’excellentes raisons politiques pour ça, mais ma préférée est beaucoup plus pragmatique : comme est des femmes, chez nous ça fleure bon la rose et le jasmin, hors de question que ça se mette à schlinguer la 3e mi-temps ou la piaule de geek. Vous vous attendiez à quoi ? Des stéréotypes sur pattes, on est.

Ensuite on instaure une règle. Dès qu’une meuf cisgenre utilise un mot qui commence par “trans” sans nous demander la permission avant, on la bâillonne et on lui colle de la musique contemporaine déstructurée dans les oreilles à fond pendant 10 minutes, pour lui faire passer l’envie de recommencer. Je dis 10 minutes seulement parce que je suis solidaire des femmes, même de celles qui me gonflent, et puis c’est pour leur bien.

Exemple 1 :

– Ce que tu dis c’est transmmmppppfh [il fallait lire “transphobe”]

Exemple 2 :

– Je suis pour les transmmmppppfh [il fallait lire “transports en communs gratuit”, ben oui on fait pas d’omelette sans casser des oeufs, puis comme le disent bien Raymond, ses potes et les profems, la socialisation masculine nous a rendues violentes et pas subtiles]

Maintenant qu’on sera entre personnes de bonne compagnie et qu’on aura calmé les ardeurs des plus trans-lover, trans-phobes, trans-fétichistes, trans-phobe-phobe d’entre elles, on pourra commencer à discuter féminisme un peu plus sérieusement. On étudiera Monique Wittig, puis le SCUM Manifest…

– Hé mais ce bouquin, il est pas un peu transmmmppppfh…

Je disais donc, on étudiera Monique Wittig, puis le SCUM Manifesto de manière critique en buvant des bières. Ce qui nous permettra de commencer à préparer sa mise à exécution, ou à défaut, de finir à quatre pattes en essayant, ce qui nous aura au moins donné l’occasion de nous marrer en dépensant le trésor de l’Empire Transsexuel pour une bonne cause.

Ouais, c’est carrément un bon plan.